L’EDHEC demeure une référence sur le plateau des raids français, cette année  l’épreuve fait partie du challenge national, l’occasion de s’y frotter. Grande première pour nous 3 : Baptiste, Adrien et Albane qui découvrons le raid de 5 jours.

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Concernant la préparation : Baptiste a prolongé sa saison de ski de randonnée jusqu’aux premiers jours de mai, Adrien souffrant du pied a peu couru cet hiver mais n’a pas lésiné sur le renfoncement musculaire et Albane a des kilomètres dans les jambes mais sans doute pas assez de D+.  Pour le matériel obligatoire : rush jusqu’au dernier moment pour emprunter laisses, frontales et pneus ; du grand classique.

Mardi soir au départ de Grenoble, Batou assure l’animation en oubliant ses chaussures sur un trottoir. 1h de bouchons plus tard elles seront retrouvées…dans le local poubelle...sans la housse qui les contenait : l’indélicat ne chaussait pas du 44 ouf !

Les équipes sont convoquées à l’EDHEC à 8h le mercredi pour les vérifications techniques et administratives. Les sacs (et leurs surplus) déposés, l’attente débute. La liste des engagés laisse présager un raid relevé et acharné ! D’illustres raideurs s’alignent sur cette manche, leur palmarès est éloquent : champions de France, moultes ARWS. Notre objectif est clair : attraper quelques points pour la qualification, apprendre aux côtés de l’élite, terminer éreintés mais sans regrets.

Direction le col de Tende, à la frontière franco-italienne et son charmant village qui domine la vallée de la Roya.

Jour 1 : Tende- La Brigue

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Aux environs de 14h nous prenons le départ en VTT, échelonnés par numéros de dossard. Les cartes laissent présager 2 sections courtes mais intenses. En quittant le village de Tende (814m) on entame l’ascension vers le Mont Agnelino. La progression est bonne sur une belle piste peu accidentée, on essaie de s’accrocher tant bien que mal aux 2 trains FMR qui passent; l’aller-retour à la balise bonus permet de croiser les équipes de tête et nous poursuivons l’ascension jusqu’à 2000m pour rejoindre le CP1. Nous nous engageons ensuite sur une belle descente technique : virages serrés, pente raide par endroits, nous récupérons 2 équipes sur cette portion. Transition à pieds : un GB (gentil bénévole) nous indique la traversée de route comme interdite, nous sommes désappointés mais c’est à 4 équipes qu’on opte pour la direction opposée, forcés et contraints. Belle grimpette de 400m D+ puis redescente vers Tende. Nous décrochons de nos coéquipiers d’ascension : Adrien est malade, il faut ménager son intestin capricieux. Dernière montée pour rejoindre le bivouac par une coupe osée en dessous de la Cime de Boséglia. Pour une première ½ journée : 4h15 de course et 1980m de dénivelé, le ton est donné.

En débriefant on constate que toutes les équipes n’ont pas eu la même consigne à la transition et les premiers se sont économisés bien du d+ en traversant la fameuse « route interdite » mais le chemin était moins roulant il paraît.

Classement : Cap Opale remporte cette première journée, nous sommes 9ème.  Avec une improbable 13ème place sur la section trail malgré la galette.

Jour 2 : La Brigue – Col de Brouis

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Cette étape est annoncée comme la plus pêchue. Départ échelonné dans l’ordre du classement pour une descente en trail jusqu’à La Brigue. De nombreuses équipes ratent le parc VTT et un regroupement s’effectue. Nous suivons le cap que l’on s’était fixé lors de la distribution des cartes et prenons l’option de l’ascension par la piste ; l’autre option étant un portage par un GR. Le train des FMR de Clément Valla impose le rythme dans l’ascension que nous effectuons avec les Nantais d’Endorphinmag ; impressionnant coup de pédale ! En dessous de la Pointe de Lugo nous entamons la descente vers Fontan. Arverne et Cap Opale nous dépassent (déposent). Passages techniques puis cafouillage d’orientation génèrent un nouveau regroupement avec les 2 équipes FMR et Issy Absolu de Jérôme. La vallée s’ouvre à nous, le pilotage est délicat mais quel bonheur et quelle joie de progresser sur de telles traces.

Nous signons le 6ème temps de cette portion,  à quand même 15 min de Cap Opale qui ont fait un plus gros cafouillage que nous.

Arrêt au stand obligatoire : ravitaillement solide/liquide sucré et salé, un peu dans le désordre. Nous repartons pour un long trail alors que les températures s’élèvent. En prenant la direction du refuge des merveilles, l’évolution se fait d’abord en sous-bois sur une pente bien raide. Baptiste est à l’aise et nous aide tout en gardant un œil sur la carte. Cap Opale nous rattrape dans l’ascension, au train ! La piste devient plus roulante pour rejoindre la balise bonus, depuis la dépose VTT on vient de s’avaler 860m en 6km. La descente requiert un peu de vigilance mais offre un panorama splendide sur la vallée de la Roya. De retour à Fontan, Adrien s’échappe dans la rivière tandis qu’on constate avec la carte que le trek est loin d’être terminé.  La balise CP5 s’atteint après 400m d’ascension en plein cagnard ! L’ombre est rare et nos esprits divaguent pour trouver la motivation. Redescente sur Saorge, on imagine l’arrêt chrono 1km de route plus loin mais les organisateurs nous réservent encore un passage ascendant et bien technique au-dessus de la rivière, nous n’avançons plus vraiment. La pause enfin attendue arrive, avant de rejoindre le début du canoë – raft. Cette section est ludique et rafraichissante, nous n’excellons pas de maitrise mais cela a peu d’importance. Un dernier trail nous attend, nous courrons dans la traversée de Breil sur Roya puis tant que la pente le permet. Ensuite nous maintenons un rythme régulier jusqu’au col de Brouis situé 500m plus haut. Impressionnante équipe XTTR63 qui creuse l’écart dans cette montée.

 

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Arrêt salutaire au bivouac, douche et repos ! la balise 5 au dessus de Saorge passe en bonus et sa pénalité est réduite de 2h à 1h15, cela fait râler car avec ce délai elle devient à peine rentable, sans compter les watts laissés sous le soleil. Ce changement de règlement a posteriori fait grincer les dents.

Jour 3 : Col de Brouis – Sospel

Jour sans pour l’équipe : physiquement et en terme de lucidité.

Au moment de la distribution des cartes les choix semblent restreints.

Départ en trail, de nouveau vers Breil sur Roya. Un éboulement nous contraint à redescendre au fond de la vallée au lieu d’évoluer à flanc. Nous ratons une coupe sauvage et peinons à garder le chemin balisé, nous nous usons à travers les vergers en terrasse et nous manquons l’entrée du GR pour rejoindre le CP1 si bien qu’on doit redescendre pour le récupérer. Doutant de notre forme et pour nous épargner encore une partie en plein cagnard, nous décidons de ne pas récupérer la balise bonus de 40minutes : grosse erreur stratégique ! En effet, on pointe la fin de la section avec les équipes qui elles l’ont récupérée. Grrrrr moral dans les chaussettes et hypo en cours. 21ème place sur ce trail !

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Désormais on attaque le canyon comme une trêve accordée. Jolis sauts, petit rappel, l’eau y est présente en abondance. Adrien y laisse un verre de lunettes, galère en vue ! Plus de repères pour lui et le mal de tête se fait vite ressentir puisque ses 2 yeux ne voient plus la même correction. On commence à échafauder des plans pour aller à la pharmacie acheter des lentilles (saucisses ?), cet incident pourrait nous coûter la suite de la compétition.

Arrêt salvateur pour le moral, un bénévole prête des lunettes, nous nous en tirons bien. Mais grave erreur (bis) : nous ne remettons pas en cause nos itinéraires tracés et manquons de jugeote sur les choix à prendre. Nous nous engageons donc sur un long VTT, peu roulant, avec moult portages (montées, descentes) : nous aurions largement pu abréger cela par des choix différents mais bon c’était un jour sans. Nous saisissons néanmoins l’opportunité d’attraper CP6 avant CP5 malgré un choix là encore pas optimal, cela rajoute du D+ mais au moins nous progressons sur les vélos. Ensuite un faux plat montant nous conduit à l’arrivée.

 

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La fatigue mentale est présente. Devant ça a roulé fort et intelligemment ! Néanmoins 3 équipes se disputent la tête et le top 10 n’est pas figé.  La courageuse équipe des Bordactions terminera au-delà des 22h, nous sommes déja couchés; quelle abnégation !

 

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Jour 4 : partie 1 Sospel – Peille

Le soleil est encore de la partie et il ne va pas nous épargner. Départ pour un trail vertical et montagnard vers la Cime de Penas, nous progressons bien et Batou nous propose une coupe sanglier afin d’économiser du D+, nous le suivons et réalisons une bonne opération en atteignant le bonus 1 dans un temps excellent. Malheureusement dans la descente puis l’ascension suivante vers la Cime du Grand Braus 600m plus haut nous baissons un peu de rythme, XTTR 63 nous rejoint et après hésitations nous les laissons couper sur la gauche tandis que nous conservons le sentier : nous les retrouverons au biathlon pour constater que leur stratégie était la bonne : 15 minutes de récupérées pour eux !

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Biathlon sans conséquence, juste quelques tours de pénalités assez brefs. Nous nous élançons en VTT derrière Issy et FMR et alors que nous opérions la jonction on les voit se diriger vers le CP3 en premier, nous conservons notre plan initial en allant de notre côté chercher le CP2. Adrien crève dans la descente et nous revoyons ISSY et FMR qui ont creusé l’écart. Pépin vite réglé, nous remettons du rythme pour atteindre le sommet, balise CP2 puis descente jusqu’au CP5. Nous faisons le choix de garder la piste jusqu’à Peille (tandis qu’ISSY ira visiter le vallon bien dré), malheureusement bri de chaine au début de la dernière montée, pendant qu’ils réparent j’admire le train TGV de Cap Opale qui passe, des machines ! Les jambes tirent mais on s’arrache pour clôturer cette 1ère partie de journée, 8ème temps à 20 minutes des premiers et en lâchant 10 minutes pour de la mécanique, nous ne sommes pas mécontents. Il est 14h, il nous faut tous patienter jusqu’à 22h. Nous tombons dans les assiettes du ravito, puis dans les mains du kiné et enfin dans les bras de Morphée.

 

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Jour 4 : partie 2 : Peille – St Agnès

21h départ en ordre inverse du classement : biathlon avec pénalités de 30secondes par cible manquée. Verdict : certains apprennent vite, d’autres ont de la réussite et puis on dira que certaines carabines avaient des problèmes (beaucoup de membres de la team « mauvaise foi » sur cette épreuve). CO mémo de 8 postes dans Peille, village pittoresque, on monte on descend on remonte on redescend, les équipes se croisent dans tous les sens. Mais comment parviennent-ils à s’attacher dans ces dédales d’escaliers ???? On rejoint le parc à vélo en faisant la remontée avec XTTR, impressionnés par tracteur Steve, décidément meilleurs que nous à pieds. Transition VTT express et l’on remonte la piste de l’après-midi, avec bien plus de traffic, les dépassements sont périlleux. Les équipes constituent des cibles à dépasser, on s’encourage verbalement mais on ne lésine pas sur le coup de pédale. Au col on bascule sur la route et alors qu’on enchainait les lacets, Baptiste crève mais décide de ne pas s’arrêter pour limiter le temps perdu. Nous aurions du prendre le doigt pour bipper l’arrivée mais tout semblant de filouterie nous a quitté. On signe malgré ces quelques minutes perdues le 7ème temps VTT.

Il est presque 23h, on s’installe rapidement. A peine couché la pluie arrive et va nous accompagner tout le dimanche.

Jour 5 : St Agnès – Nice

Réveil dans l’humidité, mais la vue semble se dégager ; puis rapidement le vent venant de la mer recouvre tout d’un épais brouillard : visibilité réduite à 20m. Départ dans une purée de pois, trail avec une montée pour démarrer puis progression à flanc et enfin descente rendue glissante par les précipitations. Pas de difficulté majeure.

 

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A la transition VTT de Gorbio nous croisons plusieurs équipes au départ. Nous nous équipons puis prenons la direction du Mont Gros puis du col le dominant, 450m de D+ pour commencer. Fort heureusement la piste est belle, le rythme est bon. Nous revenons sur les Nantais d’Endorphinmag. On aura régulièrement évolué ensemble durant ces 5 jours et on sent que c’est une équipe qui se connait parfaitement. Jamais un à la laisse, toujours à s’encourager, s’entraider et évoluant bien groupés. On fait route avec eux jusqu’au CP2. Argh fameux Cp2 que l’on atteint après avoir pris une route interdite (on écopera d’une pénalité), mais le GR est resté pour nous introuvable. Pas de regret, on s’évite un portage. Alors qu’on croyait l’accalmie arrivée, la pluie redouble. On se retrouve donc avec FMR, ISSY, EndorphinMag, Agde, Arverne et Caisse d’épargne 59 sous la tente du ravitaillement. Scène cocasse : serrés sous une tente montée au bord de la route, des trombes d’eau tout autour, on dévore œufs, pates et chips avec des mains pas très propres dans un quartier où une majorité paye l’ISF… moment très sympa de rires et d’échanges. C’est reparti pour la dernière grimpette, fort heureusement aucune difficulté technique n’est répertoriée. Afin de se réchauffer on jette nos dernières forces dans la bataille (et la pluie). Hop transition vers la dernière épreuve : CO (enfin !) dans un petit parc. 14 balises à ramasser, Batou prend le lead et on se contente de suivre et d’ouvrir les yeux lors des approches de poste. Rythme soutenu et peu d’erreurs : 3ème temps du parcours.

Terminé ! Sourires sur les visages pour rejoindre la promenade des Anglais de manière neutralisée. Nous dépareillons au milieu des locaux.

Buffet d’arrivée (orgie) et nous refaisons la course avec les différentes équipes.

L’heure du bilan a sonné : les 5 premières équipes ont un niveau incroyable. Elles sont capables de maintenir des rythmes très élevés, commettent peu d’erreurs stratégiques et semblent ne pas avoir de baisse de régime. Derrière, nous nous partageons les miettes mais un second groupe de 7/8 équipes ont bataillé pour le top 10. Parmi les 5 premières équipes on retrouve 3 équipes mixtes, félicitations et admiration aux féminines de ces équipes qui disposent d’un moral et d’un physique hors normes ! Coup de chapeau également aux 2 équipes féminines, elles se sont livrées bataille chaque jour, maintenant un suspense hitchcockien sur l’issue finale. Leur esprit d’équipe et leur combativité transpirait à chaque instant, épatant !

De notre côté nous avons soufferts physiquement, manqué de confiance sur la balise bonus du jour 3 mais nous retenons que le positif : parcours 5 étoiles, ambiance conviviale et pas de manière (100% raid et sans douche ne l’oublions pas), des pistes de progression à foison (travailler le D++++) et des jambes qui répondent toujours après 250km.  

J’ai vraiment pris du plaisir sur ce raid, mille bravos aux équipes de tête que l’on ne voyait qu’aux bivouacs, mille mercis aux sourires, encouragements des équipes XTTR 63, EndorphinMag, ACA les 3 Mercenaires avec lesquelles nous avons souvent évolués et bravo à tous, blessés, fatigués qui ont rallié l’arrivée !

Bravo aux organisateurs : logistique excellente, étudiants souriants, serviables dans toutes les conditions ! Allez une requête pour l’an prochain : plus de CO !!

 

Albane

 

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Resume

 

   

 

Commentaires (2)

Bastien Planson
  • 1. Bastien Planson | 01/06/2016
Quelle équipe de choc!
Quelle est la prochaine étape ?
Reposez-vous bien entre temps !
Julien Pichot
  • 2. Julien Pichot | 31/05/2016
Top le CR! Ça fait plaisir de voir que vous arpentez encore les chemins sur les raids ;)

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