Grande Traversée du Limousin

Sur les conseils d'Etienne Albane et Adrien se sont embarqués sur la Grande Traversée du Limousin, une petite rando VTT de 3 jours dans les coins de Guéret.

Ce sera une première expérience de compétition en VTT pour Albane.

 

Chargement des vélos et l'on rejoint Boussac le vendredi 1er mai. La pluie, qui sera notre compagne de route sur l'ensemble du week-end nous accueille. La GTL se déroule sur 3 étapes, formant une boucle nous ramenant à Boussac le dimanche. Les coureurs choississent d'être chronométré (course élite) ou non (format randonnée) mais l'objectif est le même : affronter 3 jours de pluie et de boue.

 

1ère Etape : Boussac-Guéret

Départ en masse sur la place du village : on sent les coureurs prêts à en découdre, chacun protégeant sa place derrière les élites en première ligne. Sensations nouvelles que de sentir 350 concurrents en jambes, on se croirait presque en raid ! Vaille que vaille le départ est donné sous une légère bruine, quelques mètres neutralisés sur bitume avant de rejoindre les sous-bois. Sans surprise, le terrain est extrêmement gras et glissant mais néanmoins praticable.

Petite note d’observation des couches géologiques : usuellement la boue du Sud Est est riche en glaise voire argileuse par conséquent très collante ; voire davantage lorsqu’elle en vient à empêcher la rotation de ta roue (boue des monts du lyonnais ou du Sud Drôme). Mais dans le Limousin, place à la boue liquide, 100% fluide. Toujours aussi salissante voire davantage sournoise : s’insérant dans tous les orifices elle devient un handicap visuel et techniquement elle requiert ...de la patience. Impossible de maitriser les trajectoires, les cyclistes progressent de guingois au gré des dérapages de la roue arrière mais le plus spectaculaire pour nous autres, petits sudistes, c’est de découvrir que le meilleur itinéraire est de suivre l’eau.

Au final peu de plaisir sur cette étape, les tronçons sur route s’effectuaient face au vent, la pluie n’a pas faibli et le terrain n’a pas évolué au fil des km. Néanmoins 20 derniers km plus roulants où j’ai pris plaisir à rouler avec Adrien. Au classement général, nous sommes dans le gruppetto des élites mais beaucoup de randonneurs étaient derrière nous. 

2ème étape : Guéret - Chenerailles

Départ en masse au pied d’une côte qui se termine rapidement et débute un single mais les écarts n’ayant pas été faits, il faut hélas pousser le vélo dans la partie la plus technique des 3 jours ! Hélas la plus joueuse également avec un single présentant quelques épingles. Dommage, mais la relance derrière crée les premiers écarts. Nous passons 2 bosses mais la pente permet un pédalage permanent. Le terrain demeure gras mais évoluant en sous-bois, la boue est moins présente que la veille. 20 km pas si vite avalés à cause du dénivelé, une crevaison plus tard je parviens au ravito en ayant vu de nombreux coureurs me doubler. Je remonte progressivement en relançant lorsque le relief le permet mais en conservant fraicheur et lucidité car l’épreuve sera longue ! Arrive le km43 et le 2nd ravito : 7 km plus tôt que prévu car le parcours a finalement été modifié. Encore environ 400m de D+ à avaler sur les 20 derniers km : répartis en 2 montées sèches où l’on passe en puissance. Sur la fin, j’évolue seule et apprécie le panorama : étangs, châteaux et vaches Limousines. Au final de cette seconde journée les vélos souffrent : pédalier, plaquettes de freins, galets, etc. mais à quoi bon les changer tant la météo s’annonce terrible le lendemain ?! 

 

3ème étape : Chenerailles - Boussac

Afin d’avoir tous les concurrents rentrés pour le début d’après-midi, cette étape est la plus courte et la plus roulante. Au final elle ne présente pas grand intérêt : 50 km de bain de boue. Mais il est agréable de découvrir la Creuse de cette façon, on ressent qu’un vrai effort de tracé a été fait pour limiter les parties bitumées et l’on sillonne bien à travers pistes. Celles-ci sont gorgées d’eau et le pilotage est approximatif. Le relief demeure particulièrement plat : on découvre qu’il est ainsi possible de faire le parcours sans freiner, le terrain le fait suffisamment. Dans l’attente d’un sacré raidard mais ce n’est qu’une brève et terrible pente qui clôture l’étape. Pas de quoi créer de vrais écarts. 

Place au repas d’après course puis quelques heures de trajets plus tard au nettoyage des kilogrammes de vêtements humides et crotteux.

Au final : une première expérience plaisante malgré les conditions de course. Le ressenti de course souligne une petite fatigue physique, je note aussi que j’ai du mal à me faire vraiment mal je reste trop dans la gestion, l’endurance ! Points à travailler : la relance sur partie roulantes, prendre et tenir une roue. Gestion de l’alimentation à améliorer notamment l’erreur du 1er jour d’avoir trop mangé avant le départ : sensation de mal être toute la course. Au classement ; je termine à 1h de la 1ère femme qui n’est pas une inconnue, Laurence Champavier court des manches de championnat de France le roc des Alpes, etc. et à 10 minutes d’une Allemande qui elle aussi a de la bouteille ! Nos montures ne sont pas de première jeunesse : les équipements en particulier la cassette plus large avec un plateau compact doit être agréable et surtout un 29 pouces serait mieux passé.